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  • Christian Jacot-Descombes

Oui-Oui et Martine s’en vont en guerre



« Quelle est la dernière chose à faire quand un ivrogne, assis au bout du bar, se met à prendre tout le monde à parti ? Lui répondre. C’est la bagarre assurée. Tout le monde sait ça, sauf, notre Président ». L’humeur est sombre ce vendredi soir sur les ondes de WBZ, une radio de Boston. On ne pardonne pas à Joe Biden sa dernière bourde : évoquer l’Apocalypse en réponse aux menaces nucléaires de Vladimir Poutine lors d'une soirée new-yorkaise de levée de fonds pour le parti démocrate. « Ce n’est pas comme ça qu’on traite des affaires aussi graves : dans l’improvisation publique d’un speech de soutien. Kennedy a traité la crise des missiles de Cuba en utilisant les canaux de la diplomatie et de ses ressources militaires. On n’a su qu’après ce qu'il s’est passé. » s’emporte un auditeur qui témoigne de son attachement à JFK, l’enfant du pays. « Si c’est pour se rendre intéressant en vue des élections de midterm, renchérit un autre, alors notre Président devrait avoir honte ».


Les vérités approximatives

Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison Blanche. Tough job !

Les auditeurs bostoniens n’ont pas été les seuls à être choqués par la sortie de Joe Robinette Biden qui a également cru bon de préciser que Vladimir Poutine « ne plaisante pas » (Ah bon ? Quelle nouvelle !) La Maison Blanche, elle-même, a dû pour la nième fois rattraper le coup en précisant que, non, l’administration ne disposait d’aucune nouvelle information quant à la préparation éventuelle d’une agression nucléaire de la part des Russes. Ce qui fait du job de Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison Blanche, l’emploi le plus périlleux des Etats-Unis. Le rattrapage des vérités approximatives de Joe Robinette rappelant, dans son genre, celui des vérités alternatives de Sean Spicer, le premier porte-parole de Trump, président. A la différence près de l’accueil. Personne ne tombe sur Karine Jean-Pierre comme les médias se sont abattus sur Spicer. Le fait qu’elle appartienne aux communautés noire et LGBTQ (en couple avec une fameuse journaliste de CNN, de surcroît) la prémunirait-elle d’un traitement d’égalité ?


La politique étrangère ? Pas son truc.

Le fist-check qui booste le prix du baril

Il faut dire que Joe Robinette n’a pas de chance. La politique étrangère ne lui facilite pas la tâche. Après avoir raté sa sortie d’Afghanistan (beaucoup de victimes, américaines et afghanes, sans compter les milliards de matériel militaire US laissé à la disposition des Talibans) et poussé les Chinois à embrasser la Russie sur la bouche dans la plus pure tradition communiste, le voilà qui réussit à froisser l’Arabie Saoudite. Sous la pression de l’aile la plus woke de son parti, Joe avait promis de faire de Mohammed bin Salman (MBS pour les intimes) un paria aux yeux du monde entier à la suite de l’affaire Kashogi. Certes, c’est mal de faire découper un journaliste en morceaux et de le diluer dans l’acide mais en matière d’assassinat politique, les Présidents américains, à commencer par Obama, n’ont pas vraiment de leçons de vertu à dispenser. Biden pousse donc la plaisanterie jusqu’à saluer MBS d’un fist check assez peu protocolaire lors de leur dernière rencontre. Il n’en faut pas plus pour que, vexé, le Sheikh se déclare sans provision en matière de pétrole. Et le déjà très cher or noir de repartir à la hausse, ce qui, bien sûr, fait pleurer les automobilistes européens et rire les autocrates moscovites.


Pas mieux en économie On l’aura compris, Joe Robinette est aussi fort en real politik qu’en économie. En 2021, sa première année en charge, le revenu médian des ménages américains a diminué de USD 2024 par rapport à ce qu’il était sous la présidence Trump. Pendant cette même période, son administration a dépensé USD 1900 milliards pour… aider ces mêmes ménages américains. Une preuve de plus que la redistribution appauvrit plutôt qu’elle n’aide mais qui ne décourage pas Joe. N’a-t-il pas annulé la dette estudiantine sur le dos des contribuables dans l’espoir de gagner quelques voix aux prochaines élections ? Laissant un goût amer dans la bouche de tous ceux qui s’étaient donné la peine de rembourser leur prêt.


Damage control Même s’il bénéficie de la plus absolue complaisance de nombreux médias américains et de la quasi-totalité de leurs homologues européens, Joe Biden devient un véritable boulet pour les Démocrates (tout comme Donald Trump l’est devenu, d’ailleurs, pour les Républicains). S’ils veulent conserver une chance de ne pas être balayés aux prochaines élections de midterm en novembre, la meilleure option serait de le mettre en retrait et de tenter de minimiser les dommages. Seulement voilà, la période ne s’y prête guère. L’agression russe en Europe et l’escalade du conflit nécessitent des voix fortes et des cerveaux bien faits. A l’image de Kennedy en 62 avec Cuba ou Clinton en 99 qui a mis fin, en quelques jours, à une guerre du Kosovo que les Européens regardaient, déjà, en gesticulant.


La pire alternative

Kamala Harris : la gaffe de Panmunjom

Et si la nature offrait à Joe Robinette un repos bien nécessaire à défaut d’être mérité ? Eh bien, ce serait pire. Kamala Harris, la Vice-présidente, prendrait immédiatement sa place, réalisant ainsi le fantasme des Démocrates qui après avoir produit le premier Président noir, caressent le rêve d’offrir au monde la première Présidente (et de couleur) des Etats-Unis. Seulement voilà (bis), Kamala Harris semble encore plus à la ramasse en matière de politique étrangère que son patron. Sa dernière en date remonte à fin septembre : elle s’exprime devant la presse lors d’une visite dans la zone démilitarisée entre les deux Corées. Bien campée derrière ses Ray Ban (la marque du patron), elle célèbre les bonnes relations et « l’alliance [des USA] avec la République de Corée… du Nord ». Une bourde de plus dans une très longue série qui lui vaut la pire popularité qu’ait connu un Vice-président. Une autre sorte de première que les Démocrates peuvent revendiquer.

Bref, Joe Biden et Kamala Harris, leaders de la dictature des émotions plus que du monde libre, c'est le ticket qui fait la paire et, aussi, la honte du pays. Une situation qui prêterait à sourire si ce duo n’avait pas le doigt sur la gâchette nucléaire au moment où les politiciens de tous bords, incapables de proposer des solutions, se contentent de proférer des menaces. Signe des temps : Elon Musk est jusqu’à présent le seul à avoir proposé un plan de paix pour le conflit en Ukraine. Faut-il privatiser la politique ? La question est légitime.


Tulsi Gabbard. Sur le prochain ticket républicain ?

Tout espoir n’est pas perdu

Quoi qu’il arrive les Américains savent toujours se relever. C’est la beauté de ce pays qui réunit depuis sa création ce que l’humanité fait de mieux (et, beaucoup plus rarement, de pire). Après avoir connu des années de division, au point que certains parlent aujourd’hui des Polarized States of America, une lueur se profile à l’horizon : un possible ticket républicain pour la présidentielle 2024 qui réunirait Ron de Santis, le gouverneur républicain actuel de la Floride et Tulsi Gabbard, ex-représentante démocrate de Hawaï au Congrès. Un parfum bi-partisan, une mixité de genre et de couleur (Tulsi Gabbard est originaire des Samoa américaines et pratique l’hindouisme) et un brin de jeunesse (à eux deux, ils ont presque l’âge de Biden). Tout cela constitue un silver lining, une raison d’espérer qui permettrait de tourner la page actuelle (et la précédente également). Deux signes encourageants : Tulsi Gabbard vient de quitter officiellement le parti démocrate et l’on trouve déjà sur Amazon les casquettes de soutien au ticket De Santis – Gabbard.


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