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  • Christian Jacot-Descombes

C’est quand la marée se retire qu’on voit ceux qui nageaient nus.


Tomás de Torquemada


Attribuée à Warren Buffet et destinée aux spéculateurs boursiers, cette maxime prend tout son sens avec le retour de la guerre en Europe s’agissant des conséquences de la bien-pensance contemporaine.

Sous la pression de l’écologie politique, de nombreuses décisions désastreuses ont été prises en Europe durant ces dernières décennies. Le conflit ukrainien les met cruellement en évidence. En tête du palmarès : Angela Merkel et sa décision d’arrêter les centrales nucléaires allemandes. Le solaire et l’éolien étant, une nuit sans vent, aussi utiles qu’une piste cyclable un jour de pluie, il faut se replier sur le gaz et le charbon. Résultat : l’Allemagne fait aujourd’hui partie des 10 pays les plus polluants au monde… en plus d’être un client captif du gaz russe.


La Suisse aussi…

Également ébranlé par l’accident nucléaire de Fukushima (« cette aubaine » pour Greenpeace) le Conseil fédéral suisse, tout à son émotion, décide en 2011 et en une séance de 4 heures la sortie du nucléaire d’ici 2034. Aujourd’hui, l’option du retour au nucléaire est forcément évoquée. On a juste perdu 11 ans. On notera au passage que le Conseil fédéral de l’époque était composé majoritairement de femmes. Plus sages que les hommes, comme le veut la doxa du politiquement correct, vraiment ?

Du côté des Etats-Unis, le constat n’est pas plus encourageant. Le Président Joe Robinette Biden, dont la santé est apparemment aussi déclinante que sa popularité, est soumis aux conseils de son entourage démocrate très attiré par la pensée woke. C’est ainsi qu’il a bloqué toutes les initiatives concernant les énergies fossiles, relançant ainsi la production d’énergie au charbon.

L’affaiblissement des uns ouvrant l’appétit des autres, l’Europe se retrouve bien impuissante face à la Russie qui tient le couteau par le manche, ou plutôt le pipeline par la vanne. Elle se retrouve à mendier son énergie en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Alors que Joe Robinette se voit réduit à courtiser le Vénézuela.


…mais pas la France

Dans ce contexte désastreux, il convient, une fois n’est pas coutume, de saluer la position française. Non seulement pour son orientation nucléaire historique, vouée à assurer une indépendance devenue précieuse et, par la même occasion, très vertueuse en termes d’empreinte carbone, mais aussi pour la décision courageuse de son Président de poursuivre et développer son programme nucléaire, notamment dans la direction des nouvelles technologies dans ce domaine comme les SMR (Small Modular Reactor). NuScale, l’un des leaders US, prévoit ses premières commercialisations pour 2029. Rachetée par la société Fluor, cette technologie est désormais cotée (FLR/Nasdaq : +86% depuis fin 2021).


L’alimentation, autre victime

L’énergie n’est pas le seul champ du désastre. L’alimentation aussi souffre de décisions idéologiques qui s’avèrent ravageuses. Prenez le Sri Lanka. S’interdisant l’usage des produits phytosanitaires, ce pays était fier d’être devenu le premier à pouvoir s’afficher 100% bio. Quelques temps après avoir amorcé cette transition, le résultat a été tout autre que celui attendu : l’état d’urgence alimentaire a été décrété le 31 août dernier avec une sévère pénurie de denrées. Les produits phytosanitaires ont été réintroduits mais c’est, comme toujours, la population qui a payé le prix de ces errements.


Les maîtres de l’Inquisition verte.

Ces réalités enfin dévoilées suffiront-elles à faire revenir la raison ? Pas chez les écologistes politiques eux-mêmes, bien sûr. Ils se moquent du sort de leurs contemporains, le but étant de sauver la nature en éradiquant l’homme tout en régressant vers un système collectiviste propre à satisfaire leurs pulsions crypto-marxistes. On n’entend plus Greta, certes. Mais les maîtres de l’Inquisition verte, les Torquemada woke sont toujours là, prêts à nous imposer ce qui est bon pour nous à tous les niveaux de notre existence, de notre humour à notre mobilité en passant par notre santé bien entendu.

Prenons ce journaliste neuchâtelois aux écrits insignifiants, issu d’une génération amputée de la capacité de comprendre le second degré et qui voit probablement dans son métissage le fondement du droit de définir si l’humour des autres est correct ou pas, vouant aux gémonies (et au chômage) une comédienne, pourtant de gauche comme lui mais vieille et subtilement drôle, ce qui fait deux bonnes raisons de la condamner.

Prenons Lyon, cette belle ville récemment soumise aux 30 à l’heure par la grâce de sa mairie verte. Contrairement à d’autres cités dont la mobilité est aussi entravée par la bien-pensance, il ne s’agit pas ici de limiter le bruit ou la pollution. Non, le but est de diminuer le nombre d’accidents, un véhicule roulant à 30 étant réputé moins dangereux qu’un autre roulant à 50 (sans blague ?). Rappelons peut-être qu'il existe un autre moyen de prévenir les accidents, manifestement hors de portée de l’exécutif écologiste, c’est de faire respecter les règles de la circulation, notamment aux… cyclistes.


Dieu nous garde du parti des urbanistes.

Il était juste dans les années 80 de se méfier de l’émergence du parti des automobilistes qui voyait dans la bagnole le prisme ultime d’une vision moderne de la société. Il est vital, de nos jours, de se méfier tout autant (du parti) des urbanistes qui trouvent chez les écologistes politiques un terrain de jeu idéal. Avec pour première ambition «d’emmerder» les automobilistes (comme d’autres les non-vaccinés), ils passent pour des saints auprès de ceux qui ne voient pas pourquoi tout le monde ne se déplacerait pas, comme eux, soit en trottinette ou à vélo. Cette vision urbano-centrée, boboïsée, dogmatique et déréalisée devrait en toute logique commencer à paraître pour ce qu’elle est : un totalitarisme dangereux et imbécile (pour paraphraser Houellebecq*). Les récentes élections cantonales en Suisse montrent que le reflux de la vague verte pourrait s’amorcer. Les candidats de l’Alliance de gauche vaudois s’affichaient au Festival de Jazz de Cully ce weekend. En terrain pourtant conquis, ils n’ont pas été très courtisés. Ils n’étaient d’ailleurs que quatre sur cinq. Un signe prémonitoire ? Peut-être, mais c’est quand la vague verte se retirera vraiment qu’on verra combien il y a de noyés. Nus comme des Verts.

* « Anéantir », Michel Houellebecq. Flammarion. 2022

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